Les échelles du Levant, Amin Maalouf
Résumé (4e de couverture):
"Echelles du Levant", c’est le nom qu’on donnait autrefois à ces cités marchandes par lesquelles les voyageurs d’Europe accédaient à l’Orient. De l'agonie de l'Empire ottoman aux deux guerres mondiales et aux tragédies qui, aujourd'hui encore, déchirent le Proche-Orient, la vie d'Ossyane, le héros de ce roman, ne pèse guère.
Patiemment, il se souvient, il raconte son enfance princière, son séjour en France sous l'Occupation, sa rencontre avec Clara, puis la descente aux enfers. Dépossédé de son avenir, que lui reste-t-il? Un amour tranquille et puissant. Peut être plus puissant que l'histoire.
L'auteur
Lorsque je rédige un billet sur une de mes lectures, je n'ai jamais écrit de partie spécifique à l'auteur. Pourtant dans ce roman, cela m'apparaît presque indispensable tant cela peut compléter la connaissance de l'oeuvre elle-même. Amin Maalouf, naît à Beyrouth en 1949, d'un père journaliste, mais aussi peintre et poète, de confession protestante, et d'une mère francophone et catholique dont la famille a vécu à Istanbul. Lorsque la guerre au Liban éclate en 1976, Amin Maalouf vient s'installer en France avec toute sa famille. C'est ce côté multi culturel qui m'a frappé dans sa biographie après la lecture du roman. J'ai compris pourquoi il avait fait d'Ossyane un être profondément tolérant, profondément humaniste.
Mon avis
Cette histoire est celle d'Ossyane Ketabdar, dit Bakou. Elle nous est contée via la plume du narrateur, qui peut être Amin Maalouf lui-même. En effet la narration commence à Paris, en 1976, date à laquelle l'auteur s'installe en France. Le narrateur nous apprend que l'homme qu'il vient de rencontrer avait sa photo dans son livre d'histoire, qu'il faisait partie des hommes du Vieux Pays qui étaient allés se battre, en Europe, dans les rangs de la Résistance. C'est précisément parce qu'il est féru d'histoire, que le narrateur décide de suivre le vieil homme et de faire en sorte qu'il lui raconte sa vie. La narration se déroule sur cinq jours, du mercredi, jour de la rencontre entre les deux hommes, au dimanche.
Son histoire familiale commence à Istanbul, cinquante ans avant sa naissance. On y apprend qu'Ossyane est le descendant d'une famille régnante d'Orient. Sa grand-mère Iffett a été prise de folie lorsqu'elle a découvert son propre père, déchu de son trône, mort dans sa chambre. Cette folie ne la quittera plus même lorsqu'elle devient la femme de son médecin, le docteur Ketabdar, et qu'elle a un fils, le père d'Ossyane. Celui-ci reçoit une éducation dispensée par des précepteurs. S'ensuit à l'adolescence du jeune homme, et à la mort du docteur, une sorte de salon où il est de bon ton de discuter, et d'échanger, notamment autour des progrès scientifiques de l'époque. Ce foyer d'échange modèlera profondément le père d'Ossyane. Il est d'ores et déjà entouré d'étrangers, de minorités ethniques. Lui-même est Turc et son meilleur ami, Noubar, est Arménien à une époque où ces échanges sont d'ores et déjà malvenus. De cette amitié naîtra une famille puisque le père d'Ossyane épousera la fille de Noubar. C'est de cette union, que naîtra Ossyane.
Avec le récit de sa vie, Ossyane nous entraînera du Liban à Montpellier puis à Paris où il rencontrera celle qui deviendra sa femme des années plus tard. Ils décident de s'installer au Levant, entre Haïfa et Beyrouth. Jusqu'au moment où ils vont être rejoints par l'Histoire.
Ce récit est profondément marqué par la tolérance: tolérance religieuse, tolérance envers les différents peuples et leurs croyances, leurs coutumes, tolérance envers la folie.
Bilan
Tous les chemins mènent à la lecture....voilà comment je pourrais résumer ma motivation à lire ce livre. Le professeur de français de mon fils leur a demandé de le lire afin de l'étudier en classe. Je voulais être certaine de la qualité de son travail, j'ai donc décidé de le lire de mon côté. Je n'avais jamais lu de livre d'Amin Maalouf même si je connaissais son nom et la qualité de ses écrits.
J'ai pris un énorme plaisir avec cette rencontre littéraire. Il est certain que je poursuivrai la découverte des écrits de l'auteur. Je suis d'autant plus ravie que mon fils l'a apprécié également, ce qui lui permet de découvrir d'autres textes que les écrits d'héroïc fantasy qu'il affectionne particulièrement.
A noter
Amin Maalouf a présidé un groupe de réflexion sur le multi linguisme et sur son rôle dans le dialogue interculturel et la compréhension mutuelle des citoyens dans l'union européenne.
Vous pourrez lire le rapport intitulé « un défi salutaire » à l'adresse suivante:
http://ec.europa.eu/education/policies/lang/doc/maalouf/report_fr.pdf. On y retrouve les idées véhiculées dans le livre. Je cite un extrait du rapport : « En un mot, l’idée européenne nous semble bâtie sur deux exigences inséparables : l’universalité des valeurs morales communes, et la diversité des expressions culturelles »