Chroniques de Ford County, John Grisham

Publié le par scor13

 

CHRONIQUES DE FORD COUNTY

 

 

Chroniques de Ford County - John Grisham

 

Résumé (4e de couverture):

 


Un avocat frustré détourne des dommages-intérêts de ses clients; un arnaqueur se prétend en partie amérindien pour ouvrir un casino; un surveillant dans une maison de retraite manipule les patients et le personnel; trois hommes partis en virée pour faire un don de sang s'arrêtent dans un club de strip-tease et finissent en prison; la famille d'un homosexuel blanc atteint du sida demande à une vieille femme noire de le soigner jusqu'à sa mort...

Tantôt captivantes, tantôt émouvantes, ces
Chroniques de Ford Countrydécrivent les destins ordinaires ou extraordinaires de personnages qui se révèlent étonnamment proches de nous:  leurs sentiments et leurs faiblesses, brossés avec justesse et souvent beaucoup d'humour, sont universels.  Au détour d'une histoire, au creux d'un portrait, on découvre, s'il en était encore besoin, le talent de conteur de John Grisham.

 

 

Mon avis

 

J'ai lu ce livre dans le cadre du partenariat entre B.O.B et Robert Laffont, que je remercie infiniment.

 

J'ai beaucoup lu de livres de John Grisham. Etant lui-même avocat de formation, les trames de ses romans se déroulaient dans le milieu judiciaire ou financier. Ayant un peu fait le tour de ses oeuvres, je ne souhaitais pas poursuivre plus loin avec cet auteur. Pourquoi donc avoir postulé pour ce partenariat?

Précisément parce qu'ici il n'est nullement question de ce qui est à mon sens la « marque » de John Grisham.

 

Il s'agit là d'un recueil de sept nouvelles qui se déroulent toutes dans le comté de Ford, dans l'état du Mississipi, au sud des Etats-Unis. Grisham situe même la plupart des nouvelles du recueil dans la petite ville de Clanton où se déroulait déjà l'intrigue de son premier roman, non coupable.

 


Nous sommes au Sud du Mississippi, où la notion de couleur de l'être humain revêt toujours de l'importance (casino): « il ne fallait pas oublier qu'on se trouvait au Mississippi et, dans cet Etat, la moindre goutte de sang de couleur évoquait des images bien plus sombres que de simples ébats entre ancêtres blancs et indigènes. »

 

Il nous dépeint un monde rural, avec des habitants rustres (collecte sanglante), où on retrouve les commérages des petits villages et la désinformation qui y est liée (une petite blessure devient rapidement blessure mortelle).

Au travers de ces nouvelles nous retrouvons tous les travers de l'être humain qui peut être tour à tour alcoolique (collecte sanglante), menteur et assassin (dernier trajet), arnaqueur (dossiers poisseux, casino, havre de paix), joueur (casino), orgueilleux (huit ans après), intéressé (havre de paix), étroit d'esprit (un garçon pas comme les autres).

Bien évidemment la lie de la société côtoie les bien-pensants, offrant en cela un reflet assez fidèle de la société.

 

J'ai été très émue lors de la lecture des trois dernières nouvelles:

  • Dans « huit ans après », Grisham désavoue le système judiciaire américain et plus particulièrement les avocats. Huit ans auparavant, maître Wade a fait en sorte de faire débouter une famille de sa demande d'indemnisation. Pourtant, Michaël était né avec de graves lésions cérébrales suite aux multiples erreurs commises par le médecin accoucheur. Or, si la compagnie d'assurance avait reconnu les torts du médecin, l'avocat lui, n'avait pas voulu entendre parler de dédommagement de crainte de perdre sa réputation d'avocat «impitoyable, pas du genre à capituler ni à négocier ». Maître Wade reconnaît «qu'il était une fois de plus tombé dans le piège qui porte les gens de la bonne société à prendre le reste de la population pour des crétins et des ignares.

  • Dans « havre de paix », le lecteur se trouve plongé dans l'enfer des maisons de retraites où s'étiolent les patients jusqu'à leur mort. Ils y sont bien souvent abandonnés par leurs familles qui ne maintiennent qu'un léger contact en visant uniquement leur héritage. Les retraités sont donc la proie facile des arnaqueurs en tout genre.

  • Dans « un garçon pas comme les autres », je me suis apitoyée sur Adrian, malade du sida et « condamné » par sa famille de bourgeois blancs à vivre en compagnie d'Emporia, dans le quartier noir de Clanton. Heureusement, cette vieille dame lui apportera beaucoup de gentillesse et rendra ses derniers jours supportables.

 

 

 

Bilan

 

Je suis ravie de cette re-découverte de l'auteur qui a eu lieu grâce à B.O.B et à Robert Laffont. J'ai pu entrevoir une nouvelle facette de son talent de conteur que je ne connaissais pas et qui me réconcilie avec son oeuvre.

Je quitte à regret cette petite ville de Clanton en espérant que l'auteur poursuivra ses chroniques.

 

N.B: Suite à la lecture de ces nouvelles je me suis un peu documentée sur le Mississippi. Cet état fait partie de ceux qui ont un taux de pauvreté supérieur à 17% (la moyenne nationale est à 14,3%). Il a le revenu médian le plus bas des Etats-Unis (source lesechos.fr)

Il fait également partie des états les plus conservateurs des Etats-Unis et cet esprit ressort bien à la lecture.

 

logobob01

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Didi 29/12/2010 11:07



Les partenariats chez BOB me permettent aussi devoir d'autres avis :-) c'est agréable !


Cordialement !



scor13 29/12/2010 11:15



C'est certain.



Didi 29/12/2010 10:57



Ton avis est très complet et comme toi j'ai apprécié cette lecture enfin ces lectures puisque il y a 7 histoires
toutes très sympas !


Contente de découvrir ton blog !


Au plaisir de nos découvertes !


 



scor13 29/12/2010 11:01



j'ai découvert le tien aujourd'hui également grâce à wikio


 


bonnes lectures



Véro. 28/12/2010 20:23



C'est vrai qu'au bout d'un moment, ses romans tournent un peu en rond mais il est vrai aussi, qu'ils fonctionnent bien et sont assez punchis ! Je passe sur ce titre car je ne suis pas fana de
nouvelles...



scor13 29/12/2010 06:49



Dommage si je n'ai pas réussi à te convaincre de le lire car il est vraiment excellent


A bientôt